10.05.2007
Happy -birth-holidays, Mr President !
A peine élu, M. Sarkozy a déjà déclenché une première polémique. Provocation ou mauvaise foi de l’opposition ?
Moins d’une semaine après son accession à la magistrature suprême, le président de l’UMP a annoncé ses premières mesures. Parmi elles, on trouve la défiscalisation du revenu des étudiants et la suppression de certains droits de succession. Ces deux mesures ne semblent pas être mauvaises,. La première permet en effet à certains étudiants, qui font des travaux, souvent pénibles, durant l’été, de ne pas perdre l’équivalent de leur salaires en suppression de bourses ou en impôts supplémentaires pour leurs parents. La deuxième est juste, car elle ne concerne que 95% des héritages, les plus modestes. Les grandes fortunes resteront donc soumises à cet impôt.
L’annonce de ces mesures imminentes était plutôt de bon augure, mais le Président a gâché cela avec une nouvelle maladresse. On ne peut pas reprocher à M. Sarkozy d’aller en vacances, après une campagne très éprouvante et des longs mois d’activité au Ministère de l’Intérieur. Et il n’est pas le seul Homme politique à le faire sur un yacht, les amis de F. Mitterrand devraient se remémorer à ce titre le début des années 90. D’autant plus que les yachts étaient probablement payés par de l’argent gagné moins honnêtement que celui des amis actuels de Sarkozy.
Néanmoins, un Président doit être attentif aux signaux qu’il envoie. Hors, la soirée d’élection passée au Fouquet’s suivie des trois jours sur un yacht, suivant immédiatement l’élection cadrent mal avec un Homme qui a fait la campagne sur le thème du rassemblement, de la volonté d’être le Président de tous les Français. C’est d’autant plus gênant que, M. Sarkozy en vacances, les banlieues s’embrassent pour une cause directe de son élection. Il aurait été souhaitable que l’ancien ministre adresse un message à ces jeunes qui le redoutent tant. Un candidat à la Présidentielle peut se permettre d’être provocateur, mais pas un Président de la République, qui se doit d’être rassembleur.
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09.05.2007
Succès royal pour Sarkozy
Fin du « faux » suspense. Dimanche soir, avec plus de 53% des suffrages, Nicolas Sarkozy est devenu le 6e Président de la Ve République. Il faut noter le taux record de participation, de l’ordre de 87%.
Que penser de ce résultat ? Il a le mérite d’être clair. Les Français ont indiqué, à travers le choix de M. Sarkozy un désir de « rupture ». Le résultat est donc encourageant car il n’est ni ambigu, ni contestable, et devrait permettre à l’UMP de disposer d’une majorité à l’Assemblée Nationale afin de mettre en place les réformes qu’elle s’est engagée à mener à bien.
Contrairement aux ténors du PS, je pense qu’il faut saluer la performance de Mme Royal. Elle a, il est vrai, perdu l’élection mais a rassemblé sur son nom plus de 17 millions de bulletins de vote. En nombre de voix, c’est historique. En termes de pourcentage, c’est seulement un peu moins bien que Lionel Jospin en 1995. Lorsque l’on sait la modération (c’est le moins que l’on puisse dire) des ténors du PS pour la soutenir, et la puissance politique du candidat (depuis 5 ans) Sarkozy, le soutien de certaines personnalités de gauche (Eric Besson n’est pas le seul) au candidat UMP et l’impact psychologique des sondages, donnant tous M. Sarkozy gagnant depuis janvier, on aurait pu imaginer plus mauvais score. Nicolas Sarkozy lui a d’ailleurs manifesté son « respect » (une bonne leçon pour les militants de l’UMP, qui étaient tentés de la huer). Enfin, l’affection et la confiance que lui ont démontré les militant à Paris dimanche soir après la défaite montrent que Royal pourrait prendre la tête de l’opposition au gouvernement pour les cinq années à venir. Son statut d’opposante à Nicolas Sarkozy dans cette élection lui permet d’incarner cette position.
Mais, comme toujours dans les élections présidentielles, les événements à venir seront déterminants, en particulier la composition du gouvernement qui ne devrait pas être connue avant le 16 mai, date à laquelle le nouveau Président prendra ses fonctions.
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06.05.2007
La France de toutes nos forces ...
Le peuple français a parlé, et avec une forte mobilisation (84% de votants). Cette élection a eu le mérite de clarifier le paysage politique. Il y a désormais cinq blocs, l’extrême gauche, l’extrême droite, le centre, la droite et la gauche. Cela confirme ce qui était dessiné par la liste des candidats. Chaque extrême pèse, plus ou moins, 10% du corps électoral. Droite et Gauche sont autour de 30% chacun. Et, phénomène nouveau, le Centre est à 20%. Cela s’explique probablement aussi par une excellente campagne de François Bayrou, qui est parvenu à mobiliser de nombreux français insatisfaits du duel annoncé UMP/PS.
Ce scrutin a été marqué par une forte personnalisation des candidats. Le duel Sarko/Ségo semble avoir motivé de nombreux électeurs. Pour autant, le rejet de cette issue s’est aussi traduit par une montée du candidat Bayrou, qui a triplé son score en cinq ans. Il semble bien parti pour imposer un nouveau courant dans la vie politique française (le futur Mouvement Démocrate). A ce titre, les législatives apparaissent comme une épreuve pour savoir si ce courant a la capacité de se maintenir.
Les yeux sont désormais braqués sur le second tour. Si les reports de voix au sein de la gauche en faveur de Ségolène Royal (PS), et ceux de Ph. De Villiers (MPF) en faveur de Nicolas Sarkozy (UMP) ne devraient pas poser de problème, il n’en va pas de même pour les autres candidats. Le Pen, reprochant à Sarkozy d’avoir marché sur ses plates-bandes, a incité ses électeurs à s’abstenir, alors que l’extrême gauche soutient massivement Ségolène Royal. Il y a donc essentiellement deux inconnues :
-la proportion dans laquelle les électeurs de JM Le Pen (FN) vont reporter leurs voix sur le candidat de la droite traditionnelle.
-la façon dont laquelle les électeurs de M. Bayrou vont se partager. Le candidat UDF a aujourd’hui annoncé qu’il ne voterait pas pour M. Sarkozy. Cette déclaration, si elle ne représente pas tous les élus du partis, est susceptible d’avoir du poids. Les électeurs ont en effet voté pour M. Bayrou, pas pour l’UDF.
Un autre élément déterminant sera le niveau de participation,. Avec un peu de chance, il sera aussi bon qu’au premier tour !
Le candidat élu n’aura pas pour autant terminé sa mission … la bataille des législatives s’annonce en effet rude, d’autant plus que nous allons vers une chambre tripartite (UMP, PS, MD). La politique française pourrait donc avoir encore quelques surprises pour les semaines à venir …
06:52 Publié dans Politique française | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : election presidentielle, 2007, sarkozy, royal, bayrou
22.04.2007
Le Jour J
Aujourd’hui, les Français sont attendus pour choisir le successeur de Jacques Chirac. Cette élection marque un coup d’arrêt à l’inflation du nombre de candidats auxquels on avait assisté depuis les débuts de la Ve République, le record ayant été atteint en 2002 avec seize candidats. Le paysage au moins, a le mérite d’être clair cette année : une extrême-droite unie derrière son leader historique, JM Le Pen, une droite représentée par deux tendances : Nicolas Sarkozy rassemble de nombreux courants, et Philippe de Villiers porte les couleurs d’un mouvement plus traditionaliste et souverainiste. François Bayrou affirme l’UDF comme une force centriste avec laquelle il faut compter. A gauche aussi, le paysage est plus dégagé qu’en 2002 : 3 candidats, ou plutôt candidates (en effet, la gauche gouvernementale est représentée par trois femmes) portent les couleurs de courants différents, Ségolène Royal ayant réussi à obtenir les soutiens des Radicaux et des chevénementistes. En revanche, l’extrême gauche a bien du mal à réaliser l’union. La tentative de rassemblement derrière le vague projet d’une gauche anti-libérale a fait long feu et prouve l’égo des représentants de l’extrême gauche. Celle-ci a au moins trois candidats, voire quatre, si l’on inclut José Bové. Pourtant, regrettent aujourd’hui certains, l’extrême gauche aurait pu atteindre les 10% de voix, en agrégeant les résultats des différents candidats. Ceci aurait permis un remboursement de la campagne et un poids politique plus grand.
En attendant, l’incertitude domine dans cette campagne. Celle-ci est suivie avec intérêt à Washington. Les français résident à Washington ont déjà voté cet après-midi, mais les résultats ne sont pas encore connus du public (ils sont cachottiers, à l’ambassade). Cinq ans après, tout le monde se souvient de l’effet Le Pen et demandent si un tel scénario pourrait se reproduire aujourd’hui. Il ne vaudrait mieux pas, si l’on ne veut pas être définitivement cataloguée comme une nation en crise. La candidature de Ségolène Royal intéresse ceux qui constatent un mouvement porteur depuis les dernières années qui a amené les femmes au pouvoir (Chili, Allemagne, …) Ceci pourrait constituer un préalable pour Hillary Clinton. Sarkozy est vu comme un candidat conservateur, qui est plus rassurant pour les milieux d’affaires. Le britannique ‘The Economist » s’est engagé en sa faveur. Le New-York Times a, quand a lui, dressé un portrait au vitriol du Président de l’UDF. Celui ci est décrit comme le candidat du « ni-ni », portant en lui la contradiction. Le Washington Post a égratigné les deux principaux candidats, qualifiant Sarkozy de « type dur qui suscite l’inquiétude » et Ségolène Royal de personnalité « glamour et gaffeuse ».
Mais, quoi qu’en disent les média étrangers, cette élection appartient aux Français. Et il convient que chacun d’eux prennes sa part de responsabilité en se rendant dans les bureaux de vote !
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02.03.2007
Bayrou, l'Homme à abattre ?
« Mais euh … 4% » Il est bien loin le temps de la campagne électorale de 2002, où le Président de l’UDF, tête de turc des Guignols de l’Info, se partageait les miettes des suffrages aux côtés des autres « petits » candidats. Bayrou joue désormais dans la cour des grands. Depuis plusieurs semaines, en effet, les média se sont emparés du phénomène. L’IFOP le donne à 19 %, 6.5 points derrière Ségolène Royal (PS). Son électorat, tiennent à rappeler les instituts de sondage, reste fragile. En gros, ils mettent en garde contre un scénario similaire à celui connu par JP Chevènement, à qui on a prêté bien souvent la place de 3e homme, et qui est finalement arrivé très loin derrière les principaux candidats, qui n’étaient pas, en outre, ceux attendus ! Mais, le nombre croissant de ceux qui croient en la victoire du centriste peuvent conforter leurs certitudes en observant les courbes de l’élection présidentielle de 1995. Au mois de janvier, Jacques Chirac, alors derrière MM. Jospin et Balladur, n’était pas plus haut dans les sondages que ne l’est aujourd’hui François Bayrou. Et surtout, ce dernier l’emporterait vraisemblablement dans tout duel l’opposant à l’UMP ou au PS au second tour.
Il semble donc que François Bayrou ait réussi le pari qu’il s’est lancé il y a cinq ans en refusant de rallier l’UMP : installer le centrisme dans la vie politique française. Qu’il soit ou non au second tour, qu’il soit ou non Président de la République, il aura su imposer l’UDF comme force avec laquelle il faut compter. Certains aspects de sa campagne sont particulièrement intéressants. Il est ainsi, parmi les quatre « grands » candidats (N. Sarkozy, S. Royal, et J.M. Le Pen étant les trois autres), le seul à prendre réellement en compte dans son programme le problème de l’endettement de l’État. Mme Royal y va à grand coup de propositions démagogiques et généreuses, sans parvenir à convaincre sur le financement. M. Sarkozy, élu candidat de l’UMP à l’issue d’un congrès qui aura coûté 3, 5 millions d’euros, ne semble pas avoir le goût de l’économie. Ses déclarations, dénonçant l’impuissance de l’UMP comme celle du PS, sonnent juste et il est certain qu’il énonce des vérités. Bayrou a, en outre, acquis le sens de la formule : « Proposer la Rupture lorsque l’on est au Gouvernement depuis 5 ans, et la qualifier de tranquille, quand on s’appelle Nicolas Sarkozy, on pourrait difficilement faire plus éloigné de la réalité ! » No comment !
Néanmoins, une victoire de Bayrou à l’élection présidentielle poserait une nouvelle donne constitutionnelle. En effet, un Président a besoin d’une majorité solide pour gouverner efficacement. Or, avec le système actuel de désignation des députés (scrutins majoritaires), c’est le bipartisme qui s’impose. M. Bayrou vante, à raison, les bénéfices d’une collaboration constructive entre droite, gauche (et, si possible, autour d’un centre dont il se verrait bien l’incarnation), comme cela se fait en Allemagne ou en Italie. Mais, parvenir à ce système impliquerait de revenir, au moins en partie, à un système de désignation à la proportionnelle des députés. C’est-à-dire au système de la IVe République, que le Général de Gaulle fustigeait comme étant le système des partis. Cohérent, M. Bayrou propose la proportionnelle. Mais celle-ci aurait des implications graves. Notamment, les électeurs voteraient pour une liste et n’auraient ainsi plus de député défini, comme c’est le cas pour les élections européennes. Or, il y a peu à parier que ce type de scrutin, qui impose de voter pour des partis plutôt que pour des hommes, soit à même de réconcilier les Français et la politique.
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