06.05.2007

La France de toutes nos forces ...

Le peuple français a parlé, et avec une forte mobilisation (84% de votants). Cette élection a eu le mérite de clarifier le paysage politique. Il y a désormais cinq blocs, l’extrême gauche, l’extrême droite, le centre, la droite et la gauche. Cela confirme ce qui était dessiné par la liste des candidats. Chaque extrême pèse, plus ou moins, 10% du corps électoral. Droite et Gauche sont autour de 30% chacun. Et, phénomène nouveau, le Centre est à 20%. Cela s’explique probablement aussi par une excellente campagne de François Bayrou, qui est parvenu à mobiliser de nombreux français insatisfaits du duel annoncé UMP/PS.

 

Ce scrutin a été marqué par une forte personnalisation des candidats. Le duel Sarko/Ségo semble avoir motivé de nombreux électeurs. Pour autant, le rejet de cette issue s’est aussi traduit par une montée du candidat Bayrou, qui a triplé son score en cinq ans. Il semble bien parti pour imposer un nouveau courant dans la vie politique française (le futur Mouvement Démocrate). A ce titre, les législatives apparaissent comme une épreuve pour savoir si ce courant a la capacité de se maintenir.

 

Les yeux sont désormais braqués sur le second tour. Si les reports de voix au sein de la gauche en faveur de Ségolène Royal (PS), et ceux de Ph. De Villiers (MPF) en faveur de Nicolas Sarkozy (UMP) ne devraient pas poser de problème, il n’en va pas de même pour les autres candidats. Le Pen, reprochant à Sarkozy d’avoir marché sur ses plates-bandes, a incité ses électeurs à s’abstenir, alors que l’extrême gauche soutient massivement Ségolène Royal. Il y a donc essentiellement deux inconnues :
-la proportion dans laquelle les électeurs de JM Le Pen (FN) vont reporter leurs voix sur le candidat de la droite traditionnelle.

-la façon dont laquelle les électeurs de M. Bayrou vont se partager. Le candidat UDF a aujourd’hui annoncé qu’il ne voterait pas pour M. Sarkozy. Cette déclaration, si elle ne représente pas tous les élus du partis, est susceptible d’avoir du poids. Les électeurs ont en effet voté pour M. Bayrou, pas pour l’UDF.

 

Un autre élément déterminant sera le niveau de participation,. Avec un peu de chance, il sera aussi bon qu’au premier tour !

Le candidat élu n’aura pas pour autant terminé sa mission … la bataille des législatives s’annonce en effet rude, d’autant plus que nous allons vers une chambre tripartite (UMP, PS, MD). La politique française pourrait donc avoir encore quelques surprises pour les semaines à venir …

 

 

 

 

Commentaires

Certes la démocratie française a fait preuve d'une nouvelle jeunesse, voire d'un renouveau, si cher à nos candidats, mais kan a la place de Bayrou, je voudrais savoir avec ki il va le monter son nouveau parti. D'après les derniers commentaires journalistiques et bruits de couloirs politiques, il ne resterait que 6 députés "fidèles" à Bayrou. Les autres, partis dans le camp du nouveau Président, pense selon Le Monde, créer un nouveau parti. Je dirais donc, ki va garder l'UDF, et deuxièment, le centre français manque quelque peu fidélité à ses valeurs, et fait preuve d'un grand opportunisme comme toujours dans notre belle démocratie!

Ecrit par : Aspa | 08.05.2007

Justement, Bayrou a su se démarquer de l'opportunisme. Avec ses 18.6%, il aurait certainement obtenu une bonne place au gouvernement s'il avait rallié Sarkozy avant le second tour. Il a fait un pari courageux. En effet, beaucoup de députés craignent leur ré-election. Ou veulent tout simplement s'inscrire dans le centre droit, parce que cela correspond à leur valeur.
L'UDF est donc dépouillée de ses élus, mais restent les électeurs. Je pense que c'est essentiel. Quand au positionnement, je pense que à l'Assemblée Nationale, le Mouvement Démocrate sera une force indépendante, entre la sage "obéissance" de l'UMP et l'opposition stérile prévisible des socialistes.

Ecrit par : Pierre | 09.05.2007

Je ne doute pas de la bonne volonté de M Bayrou, ni de ses efforts faits pour sauvegarder son indépendance malgré les appels de pied de l'UMP. Il a réalisé une bonne campagne. Mais je doute réellement que ses 18,6%, il ne les retrouve aux législatives. De plus ces 18,6% ne sont pas "ses" électeurs, on ne s'approprie pas le vote des citoyens, et beaucoup des deux autres camps, n'ayant que peu d'attirance pour le candidat de l'UMP ou du PS, se sont reportés sur Bayrou. Personnellement, je trouve que l'idée d'un parti centriste indépendant, Le Mouvement Démocrate, ayant un poids au Parlement est assez bonne. Mais n'est ce pas ce qu'a tenté de faire l'UDF ces dernières années. Je ne doute pas de la bonne volonté de M. Bayrou, mais on ne fait pas un parti tout seul, et nombre de ses élus ont clairement choisi de rentrer dans la majorité.

Ecrit par : Aspa | 09.05.2007

Oui, le risque est en effet l'isolement. Mais les sondages semblent indiquer que le MD retrouverait environ 12% des électeurs, c'est suffisamment pour avoir un certain poids et probablement une poignée d'élus. Bizarrement, l'extrême centre se retrouve confronté au même dilemne que l'extrême droite: un poids conséquent, mais peu d'influence, car pas de capacité de construire des alliances. Un comble !

Ecrit par : Pierre | 10.05.2007

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