22.04.2007

Le Jour J

 

Aujourd’hui, les Français sont attendus pour choisir le successeur de Jacques Chirac. Cette élection marque un coup d’arrêt à l’inflation du nombre de candidats auxquels on avait assisté depuis les débuts de la Ve République, le record ayant été atteint en 2002 avec seize candidats. Le paysage au moins, a le mérite d’être clair cette année : une extrême-droite unie derrière son leader historique, JM Le Pen, une droite représentée par deux tendances : Nicolas Sarkozy rassemble de nombreux courants, et Philippe de Villiers porte les couleurs d’un mouvement plus traditionaliste et souverainiste. François Bayrou affirme l’UDF comme une force centriste avec laquelle il faut compter. A gauche aussi, le paysage est plus dégagé qu’en 2002 : 3 candidats, ou plutôt candidates (en effet, la gauche gouvernementale est représentée par trois femmes) portent les couleurs de courants différents, Ségolène Royal ayant réussi à obtenir les soutiens des Radicaux et des chevénementistes. En revanche, l’extrême gauche a bien du mal à réaliser l’union. La tentative de rassemblement derrière le vague projet d’une gauche anti-libérale a fait long feu et prouve l’égo des représentants de l’extrême gauche. Celle-ci a au moins trois candidats, voire quatre, si l’on inclut José Bové. Pourtant, regrettent aujourd’hui certains, l’extrême gauche aurait pu atteindre les 10% de voix, en agrégeant les résultats des différents candidats. Ceci aurait permis un remboursement de la campagne et un poids politique plus grand.

 

 En attendant, l’incertitude domine dans cette campagne. Celle-ci est suivie avec intérêt à Washington. Les français résident à Washington ont déjà voté cet après-midi, mais les résultats ne sont pas encore connus du public (ils sont cachottiers, à l’ambassade). Cinq ans après, tout le monde se souvient de l’effet Le Pen et demandent si un tel scénario pourrait se reproduire aujourd’hui. Il ne vaudrait mieux pas, si l’on ne veut pas être définitivement cataloguée comme une nation en crise. La candidature de Ségolène Royal intéresse ceux qui constatent un mouvement porteur depuis les dernières années qui a amené les femmes au pouvoir (Chili, Allemagne, …) Ceci pourrait constituer un préalable pour Hillary Clinton. Sarkozy est vu  comme un candidat conservateur, qui est plus rassurant pour les milieux d’affaires. Le britannique ‘The Economist » s’est engagé en sa faveur. Le New-York Times a, quand a lui, dressé un portrait au vitriol du Président de l’UDF. Celui ci est décrit comme le candidat du « ni-ni », portant en lui la contradiction. Le Washington Post a égratigné les deux principaux candidats, qualifiant Sarkozy de « type dur qui suscite l’inquiétude » et Ségolène Royal de personnalité « glamour et gaffeuse ».  

 

 

Mais, quoi qu’en disent les média étrangers, cette élection appartient aux Français. Et il convient que chacun d’eux prennes sa part de responsabilité en se rendant dans les bureaux de vote !

 

 

           

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